Se séparer à Vevey : le consensus parental, mode d'emploi
Les parents qui se séparent dans l'Est vaudois disposent d'une possibilité que la plupart des familles suisses n'ont pas encore. Depuis 2023, la justice vaudoise y teste une manière différente de traiter les séparations avec enfants, et les séances se tiennent à Vevey. Voici comment cela fonctionne, ce que dit le bilan officiel, et quelle autorité reste compétente.
Qu'est-ce que le consensus parental à Vevey ? C'est un dispositif de la justice vaudoise qui aide les parents qui se séparent à trouver un accord plutôt qu'à s'affronter. Lancé le 1er janvier 2023 dans l'Est vaudois, il combine des séances de sensibilisation gratuites organisées à Vevey, une procédure judiciaire adaptée et rapide, et une médiation subventionnée.
Spécial Est vaudois : le dispositif couvre les districts d'Aigle, de Lavaux-Oron et de la Riviera-Pays-d'Enhaut. Une famille de Vevey, de Montreux ou de La Tour-de-Peilz y a droit ; une famille de Lausanne, pas encore.
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Ce que le consensus parental change
Le point de départ est simple à énoncer. Quand deux parents s'affrontent devant un juge, l'enfant se retrouve au milieu, et la procédure dure. Le consensus parental part de l'idée inverse : outiller les parents pour qu'ils trouvent eux-mêmes des solutions à l'amiable, répondant aux besoins de leurs enfants.
Le dispositif repose sur trois piliers, décrits par l'État de Vaud.
- Des séances de sensibilisation intitulées « Se séparer dans le respect des enfants », organisées à Vevey et gratuites.
- Une procédure judiciaire adaptée et rapide, avec des formulaires spécifiques pour le dépôt des requêtes et une collaboration entre les intervenants, sous l'impulsion d'un juge.
- Des démarches complémentaires à la voie judiciaire, comme la médiation ou l'accompagnement à la coparentalité, certaines gratuites ou partiellement subventionnées.
Source : État de Vaud, consensus parental.
Les séances « Se séparer dans le respect des enfants »
C'est la porte d'entrée du dispositif, et elle est ouverte avant même toute procédure.
Chaque séance est menée par un duo d'intervenants composé d'une ou d'un avocat et d'une ou d'un psychologue, psychiatre ou médiateur. Le droit et la clinique de l'enfance sont donc présents dans la même salle, ce qui est rare.
Le programme porte sur des questions très concrètes : comment protéger les enfants des tensions entre adultes, comment leur annoncer la séparation, comment installer une coparentalité qui tient dans la durée.
Ce que cela veut dire concrètement : participer n'engage à rien sur le fond du dossier. C'est un temps d'information, pas une audience.
Ce que dit le bilan officiel
L'Ordre judiciaire vaudois a publié le 24 mars 2026 un bilan chiffré des trois premières années. Il porte sur la période allant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2025.
- 1381 parents ont suivi 72 séances de sensibilisation organisées à Vevey.
- 1393 dossiers de séparation impliquant des mineurs ont été ouverts devant les autorités judiciaires de l'Est vaudois sur la même période.
- Près de 66 % d'entre eux, soit 918 dossiers, ont pu être intégrés au dispositif.
- Près d'un quart des cas ont abouti à un accord complet, dans un délai moyen de quatre mois.
Au vu de ces résultats, le projet pilote a été pérennisé dans l'Est vaudois, avec un déploiement progressif envisagé jusqu'en 2030. Pour une famille de Vevey, cela signifie que le dispositif n'est plus une expérience à durée déterminée.
Source : État de Vaud, bilan du projet pilote de consensus parental.
L'enfant est entendu, et ce n'est pas une formule
L'article 298 alinéa 1 du Code de procédure civile suisse pose la règle : les enfants sont entendus personnellement et de manière appropriée par le tribunal ou un tiers nommé à cet effet, pour autant que leur âge ou d'autres justes motifs ne s'y opposent pas.
Deux garde-fous complètent cette règle. L'alinéa 2 prévoit que seules les informations nécessaires à la décision sont consignées au procès-verbal, puis communiquées aux parents et au curateur. L'alinéa 3 donne à l'enfant capable de discernement le droit de recourir contre un refus d'être entendu. Depuis le 1er janvier 2025, un alinéa 1bis interdit par ailleurs de mener cette audition par des moyens électroniques de transmission du son et de l'image.
Dans l'Est vaudois, la pratique suit le texte. Sur la période du bilan, 392 enfants et jeunes, appartenant à près de 120 fratries, ont été entendus par un magistrat, généralement à partir de l'âge de 11 ans.
Texte officiel : Code de procédure civile (RS 272) sur Fedlex.
Qui décide quand l'accord ne vient pas
Le consensus parental ne remplace pas l'autorité. Il l'accompagne.
Dans le canton de Vaud, il n'existe pas d'APEA au sens des autres cantons romands : c'est la justice de paix qui exerce les compétences de l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte. Pour Vevey, il s'agit de la justice de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut, rue du Musée 6, 1800 Vevey, au +41 21 557 94 44, courriel info.jpxve(at)vd.ch.
Le guichet est ouvert les lundi, mercredi et vendredi de 8h30 à 11h30 puis de 13h30 à 15h30, et les mardi et jeudi de 8h30 à 11h30 uniquement. Une amplitude réduite qu'il vaut mieux vérifier avant de se déplacer.
Un rappel utile sur le fond du droit : depuis le 1er janvier 2017, l'article 298 alinéa 2ter du Code civil suisse prévoit que le juge examine, selon le bien de l'enfant, la possibilité de la garde alternée si le père, la mère ou l'enfant la demande. Un seul parent suffit à déclencher cet examen. Notre page sur le droit de visite à Montreux détaille le volet des relations personnelles pour le même district.
Source : État de Vaud, justice de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut.
Signaler un enfant en danger
Le signalement d'un mineur en danger doit être adressé simultanément à la justice de paix et à la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse (DGEJ). N'écrire qu'à une seule des deux adresses retarde le traitement du dossier.
Les numéros à connaître
Les numéros d'urgence sont identiques dans toute la Suisse. Les afficher sur le frigo des deux foyers évite de les chercher dans la panique.
- 144 urgences sanitaires, 117 police, 118 pompiers, 145 intoxications.
- 112 numéro d'urgence européen, qui fonctionne même avec une carte SIM étrangère ou une carte prépayée non créditée.
- 147 ligne d'aide de Pro Juventute pour les enfants et les adolescents, gratuite et confidentielle, 24h sur 24.
- 143 La Main Tendue, joignable jour et nuit. Ce numéro est payant, 20 à 70 centimes par appel selon le portail de la Confédération.
Source : portail officiel ch.ch. Notre page dédiée aux numéros d'urgence suisses les détaille, et la fiche urgence gratuite se remplit en cinq minutes.
Tenir l'accord dans la durée
Questions fréquentes des parents à Vevey
Qui peut bénéficier du consensus parental ?
Les parents qui se séparent et dont le dossier relève des autorités judiciaires de l'Est vaudois, soit les districts d'Aigle, de Lavaux-Oron et de la Riviera-Pays-d'Enhaut. Vevey, Montreux et La Tour-de-Peilz sont dans le périmètre. Le dispositif a été pérennisé dans l'Est vaudois, avec un déploiement progressif envisagé jusqu'en 2030.
Les séances de sensibilisation sont-elles payantes ?
Non. Les séances « Se séparer dans le respect des enfants » sont gratuites et se tiennent à Vevey. Elles sont menées par un duo composé d'une ou d'un avocat et d'une ou d'un psychologue, psychiatre ou médiateur. Certaines démarches complémentaires, comme la médiation, sont gratuites ou partiellement subventionnées.
Mon enfant sera-t-il entendu par le juge ?
L'article 298 alinéa 1 du Code de procédure civile prévoit que les enfants sont entendus personnellement et de manière appropriée, sauf si leur âge ou d'autres justes motifs s'y opposent. Dans l'Est vaudois, 392 enfants et jeunes appartenant à près de 120 fratries ont été entendus par un magistrat entre 2023 et 2025, généralement à partir de 11 ans.
Quelle autorité est compétente pour la garde à Vevey ?
La justice de paix du district de la Riviera-Pays-d'Enhaut, rue du Musée 6, 1800 Vevey, au +41 21 557 94 44. Le guichet reçoit les lundi, mercredi et vendredi de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 15h30, les mardi et jeudi de 8h30 à 11h30 uniquement.
Cette page donne des repères pratiques et cite les sources officielles du canton de Vaud ainsi que le droit fédéral en vigueur. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat ou de l'autorité de protection compétente.